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Enfants de l'immigration, une chance pour l'école. Vraiment ?


Dans un entretien paru dans La Croix le 23 février 2012, on apprend de la pédopychiatre Marie-Rose Moro « qu’un enseignant averti sur la culture de ses élèves en vaut deux. Par exemple, savoir qu’on ne dit pas « je » dans la langue vietnamienne pourra lui permettre de valoriser cet élément en cours de grammaire et, dans le même temps, de comprendre un enfant qui a du mal à parler en classe à la première personne. (...) Favorable à la discrimination positive, l’auteur suggère de réserver des places aux enfants de migrants dans les classes d’élite dites « européennes » ou « internationales » des collèges et lycées, avec un soutien personnalisé pour favoriser leur succès. Elle note qu’il est impossible de mener une réflexion éducative sans y faire participer les parents étrangers».

Mais de quelle école s'agit-il au juste ? Très certainement pas celle qui met en avant la France à travers sa langue, sa culture et son Histoire millénaire. Non, bien entendu... L'école, aux yeux de cette pédopsychiatre, c'est celle qui forme des citoyens du monde, celle qui ne "stigmatise" pas mais qui dissout la nation française dans un chaudron multiculturel pour en faire jaillir les "pépites". Pauvres de nous !!! Aux professeurs de s'adapter aux enfants d'immigrés qui sont une chance pour l'école. Dans un futur proche, les enseignants seront priés de jeter aux orties la langue de Molière afin de valoriser les "langues de la diversité"...

VB

"Detachment" : un film « bien réac » selon Libération




Bien réac : ce n’est pas moi qui le dis, c’est Bruno Icher, un journaliste de Libération. Voici son verdict sur le film de Tony Kaye qui narre les malheurs d’un prof remplaçant : « Dans le droit fil des âneries habituelles sur les voyous analphabètes qui persécutent les profs des collèges, Detachment s’inquiète de la dérive d’un personnage (Adrien Brody) qui aurait pu être intéressant si la mièvrerie des situations et la laideur de la forme ne le réduisaient pas au statut de mannequin inerte (…). Detachment enchaîne ensuite tous les clichés possibles, depuis la condescendance assez antipathique des personnages pour les enfants perdus qui n’apprennent plus rien, jusqu’à la condamnation solidement réac des parents d’élèves auxquels, dit Adrien Brody, il faudrait faire passer un examen avant qu’ils aient des enfants ».

Exactement le genre de propos « gauchiottes » qui me donne envie d’être encore plus Réac que je ne le suis déjà (c’est dire !). Il est vrai que les « voyous analphabètes » ne courent pas les couloirs de la rédaction de Libé en persécutant les journalistes bobos qui s’y trouvent. Mais cela n’empêche pas ces derniers de pondre leurs proses bien-pensantes et de s’ériger, le cul bien rivé sur leur chaise pivotante, en défenseurs de l’indéfendable. Et pour cause : ces plumitifs souffrent terriblement du fait que ce film traduise la réalité et ne rentre pas, pour une fois, dans les petites représentations mentales qu’ils se font autour des « pépites » de la nation et des vertus du « vivre ensemble ».

Pour être allée voir ce film diffusé dans très peu de salles (tiens, comme c’est bizarre…), je vous le recommande vivement. Adrien Brody campe parfaitement bien le personnage d’Henry Barthes, professeur remplaçant nommé pour trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Désabusé, il perçoit intimement la vacuité de sa tâche dans une société où le langage est devenu vide de sens et où les dérives rappellent à s’y méprendre celles du monde totalitaire de 1984 décrit par George Orwell. Detachment est résolument sombre et pessimiste mais d’un réalisme saisissant. Il est question de la judiciarisation à outrance à l’Ecole avec des parents démissionnaires qui ne prennent contact avec les enseignants que pour réclamer ce qu’ils estiment abusivement être leur dû.

Les professeurs ne parviennent plus à transmettre quoi que ce soit à des élèves qui ne s’intéressent à rien, qui ne respectent rien ni personne et qui errent dans un monde où la culture n’a plus aucune place. Or, dans la réalité, ce qui mine les enseignants, c’est bien ce gouffre abyssal qui les éloigne de leurs élèves, le manque d’étincelles dans les yeux de ces derniers et leur désintérêt pour les savoirs. Dès lors, il n’y a plus aucune communication possible, le mur est infranchissable. Seuls quelques élèves s’en sortiront : des petits miracles qui aident les professeurs à poursuivre leur travail de Sisyphe…

VB

Un maire jugé pour avoir giflé un adolescent qui l’aurait insulté et menacé de mort

(Photo Francois Nascimbeni. AFP)

Le maire de Cousolre (Nord), qui a giflé un adolescent qui l’aurait insulté et menacé en août 2010, a plaidé vendredi 3 février 2012 la légitime défense, devant le tribunal correctionnel d’Avesnes-sur-Helpe, alors que la partie civile a dénoncé une « agression gratuite ».

Le 24 août 2010, l’élu avait réprimandé un adolescent de 15 ans qui escaladait un grillage pour récupérer un ballon tombé dans un terrain communal. Selon le maire, le jeune homme aurait alors proféré des menaces de mort après l’avoir insulté. Il avait alors porté plainte contre le jeune aujourd’hui majeur, pour injure et menace de mort. Ce dernier a été condamné à des dommages et intérêts.

Le maire répète avoir toujours regretté son geste, un « réflexe » face aux insultes, se sentant « coincé » pour défendre sa qualité d’élu. Il a invoqué les insultes à répétition, dans ce village de 2.500 âmes où il cherchait simplement à protéger les bâtiments publics et à se battre contre les "incivilités" d'une bande de jeunes. « Si je suis condamné, les jeunes vont faire ce qu'ils veulent, les maires ne vont plus se retourner », regrette-t-il.

Lire l’intégralité de la dépêche AFP

Cela me rappelle une autre gifle bien méritée :


Le Réac goûte peu au bonheur à tout prix dans les salles obscures


Et si être Réac consistait aussi à refuser la dictature du bonheur que dénonçait Pascal Bruckner dans son essai paru chez Grasset en 2000 sous ce titre explicite : L’Euphorie perpétuelle : Essais sur le devoir de bonheur ? Les refrains qui reviennent fréquemment dans la bouche des candidats à des jeux TV ressemblent à s’y méprendre à des slogans publicitaires, à l’instar de ces exclamations béates telles « Elle est pas belle la vie ? ! » ou encore « Que du bonheur ! ». Ce type de ritournelles, on le retrouve au hasard d’une rue, d’un hall de gare ou d'une salle de classe. Tout est devenu « énorme » ou « trop bien »…Selon moi, cette quête frénétique d’un bonheur immédiat explique en grande partie le succès d’une comédie comme Intouchables ainsi que l’engouement médiatique de La Vérité si je mens 3 autour de sa sortie en salles, pour ne citer que ces deux films.

Concernant Intouchables, c’est la légende du bon Samaritain qui est remise au goût du jour. Nombre de Français éprouvent le besoin de s’auto-persuader que le « vivre ensemble » est possible, souhaitable même et qu’il est aussi difficile aujourd’hui dans l’Hexagone de vivre dans la peau d’un Noir que d’un tétraplégique ! Ainsi, près de 20 millions de Français se retrouvent autour de cette comédie, cherchant à se convaincre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le film ravive ainsi les bons sentiments et prolonge la trêve des confiseurs… Quant à l’humour teinté des billets de banque des joyeux drilles de La Vérité si je mens 3, nul besoin d’être prophète pour deviner que le public va adorer. Et pour cause : ce film propose un pays où il fait bon vivre, où l’argent coule à flots et où le clan familial élargi exauce tous les vœux. En résumé, c’est le monde idéal et inaccessible auxquels les Français aiment à rêver… le temps d’un film, seulement !

Contrairement aux optimistes invétérés, le Réac refuse de s’illusionner et préfère affronter la réalité en face, quitte à passer pour un Cassandre auprès de ses congénères. Lui, la crise financière, économique, sociale et identitaire de son pays, il ne cherche pas à la contourner mais au contraire il tend à lutter contre le déclin inexorable de sa langue, de son Histoire et de la civilisation dont il se sait dépositaire. La politique de l’autruche, le Réac la rejette farouchement, de même qu’il refuse d’ingurgiter sa dose de bonheur quotidienne distillée par les bien-pensants. La mithridatisation des esprits ne passera pas par lui, il s’en est fait une question d’honneur ! Et tant pis s’il n’est pas prêt à se faire 30 millions d’amis !

VB

Les Réacs allergiques à l’action politique ?



Je n’ai pas eu besoin d’aller chercher bien loin pour recenser une petite vingtaine de personnalités (journalistes, essayistes, philosophes…) affublées du sobriquet de « réac » quand ils ne se définissent pas eux-mêmes comme tel.

Si la raison d’être des « réacs » consiste à influer sur le cours des événements en faisant émerger des idées contraires au dogme du politiquement correct, je m’interroge néanmoins sur leur prise de distance au niveau politique. En effet, beaucoup d’entre eux dénoncent l’ordre établi et les principaux partis de l’alternance (l’UMP et le PS) tout en refusant de s’acoquiner avec d'autres partis. Quant à Robert Ménard, son essai intitulé Vive Le Pen ! relève davantage d’une expérience grandeur nature pour tester les réactions hostiles des bien-pensants que d’une déclaration d’amour à ladite candidate.

Bien évidemment, j’ai prouvé dans mes écrits et autres interviews que je partageais le constat des « réacs ». Je m’inclus même dans leur cercle. Mais je déplore le fait qu’ils proposent si peu de solutions. Ils me rétorqueront – à juste titre d’ailleurs – que l’action est du ressort des politiques et que leur rôle à eux consiste à tirer la sonnette d’alarme. Cela expliquerait leur retenue voire leur frilosité quant à la « chose politique ».

Plus généralement, c’est le rôle des intellectuels qui est en jeu ici. Dans quelle mesure doivent-ils s’engager politiquement ? « Ecrire, c’est agir » dixit Voltaire. Certes, mais, en ces temps troublés, écrire sera-t-il suffisant pour éviter la catastrophe ? Les « réacs », plus que quiconque, ont conscience de la gravité de la situation, et, s’ils répondent aux attentes de leurs lecteurs-auditeurs, peuvent-ils se contenter ad vitam de jouer les Cassandre sans jamais agir ? Car l’action réside aussi dans les choix politiques.

Je crains que sans prise de position et sans engagement, les « réacs » ne continuent de prêcher encore longtemps dans le désert… A moins que le temps de l’action politique ne soit pas encore venu et que lesdits intellectuels préparent les consciences à des bouleversements futurs…

VB

Le rugby : un sport réac ?


Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, s'en est pris dans les colonnes du journal La Provence au conservatisme dont ferait preuve, selon lui, le rugby français. «Si le rugby veut se développer, il sera obligé de prendre en compte la nouvelle typologie de la France et celle-ci est black-blanc-beur. Aujourd'hui, si une certaine partie du pays ne s'intéresse pas du tout au rugby, c'est parce qu'il est très conservateur et il correspond à un côté franchouillard dans lequel beaucoup ne se reconnaissent pas» , a-t-il déclaré, ajoutant que « oui, le rugby français est raciste».

Lire l'intégralité de l'article sur LeMonde.fr

Réac attitude : quand les « grands esprits » se rencontrent…


Alors que mon livre, Je suis une prof réac et fière de l’être, est encore sous impression et doit sortir fin mars 2012, je viens de terminer la lecture du dernier essai d’Ivan Rioufol, De l’urgence d’être réactionnaire. À n’en point douter, les «grands esprits» se rencontrent !
 
Je sais Ivan Rioufol très attaché au devenir de l’École. Pour preuve, l’éditorialiste du Figaro m’avait citée sur son blog dans un post intitulé Le témoignage de Véronique Bouzou, enseignante. Dans son dernier livre, il y consacre un chapitre au titre évocateur : «L’école, victime d’un Alzheimer national». Un peu plus loin, il rend hommage aux professeurs en ces termes :
«Les nouveaux moines d’aujourd’hui sont les enseignants qui s’accrochent et ne baissent pas les armes. Car il faut une vocation chevillée au corps pour tenir dans certains établissements désertés par le respect du maître et le goût d’apprendre de l’élève. Ces professeurs ont toute mon admiration quand ils tentent de survivre malgré tout en s’accrochant à leur mission».

Ceux qui défendent dans les médias «une vision en rupture de ban avec les œillères du politiquement correct et les pensées obligatoires de la cléricature de gauche» sont de plus en plus nombreux, indique Valeurs Actuelles dans son dernier numéro, à l’instar de Denis Tillinac qui publie en février 2012, chez Plon, un essai au titre très réac : Sois inactuel et N’écoute personne.

VB

Hervé Morin : retour vers le passé



Hervé Morin : né en 1961 mais témoin du Débarquement de 1944 !

Yannick Noah - Frontières

Benabar - Politiquement Correct





Paroles

J’aime mes parents et mes enfants, c’est bien-pensant
J’aime pas la guerre ni la misère, c’est énervant.

Tu trouves ça peut-être politiquement correct...
Mais moi j’t’emmerde !

Je ne suis pas raciste, je suis droit de l’hommiste, j’porte pas d’fourrure.
Je ne regrette pas la guillotine, je ne suis pas misogyne, j’trie mes ordures

Je suis, je le répète : politiquement correct
Mais moi j’t’emmerde !

Je n’ai rien contre les mosquées, je ne me sens pas menacé par les minarets
Je ne crois pas que les homos ne sont pas normaux ou forcément coquets,

Je suis une tapette, politiquement correcte
Et moi j’t’emmerde !

Victime de la pensée unique, je suis, je l’avoue laïc pendant qu’j’y pense
Je précise que je ne crois pas qu’il y ait trop d’juifs dans les médias ou la finance

Je risque de te paraître, politiquement correct
Mais moi j’t’emmerde !

Ça va te sembler démagogue mais je déconseille la drogue même aux mineurs
Je milite pas tiens-toi bien pour l’extinction des dauphins j’veux pas qu’ils meurent

Tu trouves ça naïf et bête politiquement correct
Et moi j’t’emmerde !

Je ne parle pas à la à la concierge ni à la femme de ménage comme à des chiennes
Il faut respecter tous les gens je l’enseigne à mes enfants pour qu’ils deviennent

Un jour comme je le souhaite politiquement correct
Et on t’emmerde

Ivan Rioufol - De l'urgence d'être réactionnaire


Il y a urgence. À la veille de l’élection présidentielle, le citoyen lucide ne doit plus craindre de se revendiquer littéralement réactionnaire, c’est-à-dire de prêter son concours à des réactions politiques destinées à éviter les désastres qu’annoncent les effondrements de l’État-providence et de l’État-nation. La réalité le prouve : les dirigeants se montrent incapables de s’extraire seuls du politiquement correct qui empêche de nommer les choses et qui confond progrès et fuite en avant. L’islam le plus radical est, en France, le principal bénéficiaire de cet aveuglement. La France indignée, qui fulmine sur le Web, enjoint les élites de se réveiller avant qu’il ne soit trop tard. Elle ne désire pas revenir à un ancien monde. Elle entend défendre la modernité et l’humanisme, menacés par l’enseignement de l’oubli et de la non-appartenance. Le réactionnaire du XXIe siècle est un démocrate déçu et de plus en plus irrité, venu de la droite comme de la gauche. La pensée conforme le croit irrécupérable et veut l’offrir à Marine Le Pen. Le " néoréac " est, en réalité, en résonnance avec la société civile qui a décidé de reprendre son destin en main. Il peut être le socle politique d’une future Union nationale. Il est le nouveau moderne.

Source : PUF

Esther Benbassa - De l’impossibilité de devenir français


J’ai aimé la France le jour où ma préceptrice arménienne a commencé à m’apprendre les premiers mots d’une langue, le français, dont la musicalité allait me marquer à jamais. La France, hélas, n’est plus le pays de l’art et de la musique, ni celui de la liberté, de l’égalité, de la fraternité et des droits de l’homme. Quelle tristesse que ces valeurs ne soient plus bonnes qu’à être gravées sur le fronton des mairies !

Ce livre passe en revue les récentes vicissitudes d’un pays empêtré dans un néonationalisme aux relents vichystes, qui a remis au goût du jour des mythologies éculées faute de projets d’avenir porteurs. La France y est regardée avec les yeux d’une ancienne immigrée, qui a rêvé d’elle et qui a par ailleurs beaucoup reçu d’elle, même si le prix payé n’a pas été des moindres. Ce n’est pourtant pas là un texte d’émotion, mais de raison. C’est aussi parce que je suis profondément attachée à ce pays que je déplore qu’il ait pris un mauvais virage. J’aurais tant souhaité qu’il éveille encore de l’espoir chez tous les Français sans exception ; chez les enfants d’immigrés qui y font leur trou, mal, mais quand même ; chez les étrangers en quête d’une vie meilleure. Dans notre pays, on ne change les choses que par des révolutions. Et le peuple français n’a pas tout à fait perdu leur mémoire. La nouvelle révolution sera-t-elle celle d’une France qui nous ressemble, à nous tous, citoyens ou résidents du métissage ? Enfin tous français, sans distinction à l’ancienneté ou à l’origine… Utopique, n’est-ce pas ?

Esther Benbassa est directrice d’études à l’École pratique des hautes études (Sorbonne) et sénatrice Europe Écologie – Les Verts du Valde- Marne. Elle est l’auteur de nombreux livres parmi lesquels : Être juif après Gaza (CNRS éditions) ou La souffrance comme identité (éditions Fayard).

Extrait distribué par les Editions Les liens qui libèrent